Déclaration commune
d’Europa laïca (Espagne)
de l’Union des Athées et des Libres penseurs (Espagne)
et de la Fédération nationale de la Libre Pensée (France)
(Membres du Bureau Européen de Coordination de la Libre Pensée)
Un nouveau crime contre le droit des
femmes à disposer librement de leur corps
se prépare en Espagne.
Le Parti Populaire, qui gouverne avec
la majorité absolue en Espagne, prétend changer la loi sur l’avortement, en
vigueur, depuis 2010.
L’avant-projet
de « Loi de protection de la vie du conçu et les droits de la femme
enceinte » adopté par le gouvernement Rajoy ne prévoit plus
que deux cas de dépénalisation de
l’avortement :
•
l’existence d’un grand danger pour la vie ou la santé physique ou
psychique de la mère pendant les 22 premières semaines de gestation,
•
que la grossesse soit le résultat d’un délit contre la liberté ou
une atteinte à sa sexualité, à condition que cela se produise dans les douze
premières semaines et que le fait ait été dénoncé.
La loi de
2010, toujours en vigueur, établit qu’il est possible d’avorter sans donner
aucune raison dans les 14 premières semaines de grossesse. Cette loi établit
des délais de droit similaire à ce qui existe dans la majorité des pays de
l’Union Européenne.
Ce que le
Parti Populaire veut, en connivence avec les secteurs les plus intégristes du
catholicisme international, c’est revenir à des situations où les femmes n’ont
plus le droit de décider de leur maternité, elles devront justifier que les
intérêts de l’enfant non-né entre en conflit avec les siens.
Avec la
loi de 2010, les mineures de 16 et 17 ans étaient simplement tenues d’informer
leurs parents, à moins d’invoquer des causes spéciales pour ne pas le faire,
par exemple une mauvaise relation avec le géniteur, ou que ceux-ci les auraient
obligé à ne pas avorter. Avec la nouvelle loi, les parents seront obligés de
les accompagner et de décider pour elles.
Avec la
loi de 2010, il était possible d’interrompre une grossesse de plus de 22
semaines s’il existe des « anomalies fœtales » incompatibles avec la
vie qui doit être indiqué dans le diagnostic préalable délivré par un médecin
autre que celui qui pratique l'intervention. Elle autorise également
l'avortement lorsqu’une maladie extrêmement grave et incurable est détectée
dans le fœtus, détection qui doit être confirmée par un comité clinique.
Avec le
projet du Parti Populaire, la possibilité due à l’existence d’une maladie du
fœtus est retirée et est soumise aux effets que la maladie génère chez sa mère.
Il doit veiller à ce que les femmes souffrent un dommage «important non
irréversible mais important et durable" dans leur atteinte à la santé
physique ou mentale. Et cela nécessite un avis
motivé par deux médecins spécialistes qui ne peuvent pas travailler dans
l'établissement dans lequel l'avortement est pratiqué.
Pour les maladies incompatibles
avec la vie les exigences seront doublées: un rapport médical devra confirmer
ces risques pour la mère et un autre les pathologies fœtales tester en accord
avec le Comité de bioéthique d'Espagne.
La FNLP, Europa Laïca et l’Union des
Athées et des Libres Penseurs d’Espagne dénoncent cet avant-projet de loi
et le considère comme une nouvelle croisade nationale catholique menée contre
la liberté de conscience des femmes, derrière laquelle sont la hiérarchie
catholique a son plus haut niveau (le Vatican) ainsi que les organisations
« pro vie ».
Cette offensive applaudie par
l’extrême droite politique européenne, ne prépare-t-elle pas une autre, à un
échelon plus vaste, dans le contexte européen et universel ? Doit-on s’en
inquiéter ?
C’est pourquoi, les associations
soussignées demandent l’abandon de cet avant-projet et appellent les organisations laïques et de Libre Pensée
à se regrouper pour l’obtenir.
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)